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En cette dernière rentrée du quinquennat, Madame Vallaud-Belkacem endosse décidément mieux son rôle favori de porte-parole du Parti socialiste, déjà en campagne, plutôt que celui de Ministre réformatrice de l’Education nationale. C’est avec son habituelle morgue qu’elle a fait sa rentrée, passant en revue son bilan en étant plus préoccupée par attaquer l’opposition et acheter les voix des enseignants, plutôt qu’à être sincèrement attentive aux progrès réalisés sur le terrain. La « priorité » de François Hollande – l’éducation et la jeunesse – n’aura donc connu que des discours de flatterie, des hausses de dépenses inutiles et des réformes tirant les ambitions des élèves vers le bas.
L’échec du quinquennat est criant : en ne faisant que des choix idéologiques et coûteux, le Gouvernement n’a répondu à aucun des grands défis de l’Education nationale aujourd’hui.

1. Là où l’éducation était la priorité du quinquennat, le Gouvernement n’a pris que des mesures néfastes à l’excellence et à l’égalité des chances. Ce quinquennat a sans cesse mélangé élitisme et excellence, préférant niveler vers le bas qu’encourager la réussite, aux dépens des moins favorisés :
•La réforme des rythmes scolaires crée des injustices flagrantes aussi bien entre les Villes (qui n’ont pas les mêmes moyens) qu’en leur sein : in fine, ce sont les familles qui doivent payer ! ;
•Le Gouvernement a supprimé l’aide personnalisée en primaire, au lieu de la revoir, alors que l’acquisition des fondamentaux à ce niveau aurait dû être prioritaire ;
•La carte scolaire poursuit la ghettoïsation de nos quartiers au lieu de les libérer ;
•L’apprentissage à 14 ans a été supprimé !;
•Un concours spécial pour les enseignants ayant raté le concours a même été mis en place en abaissant les exigences pour… les envoyer dans l’académie de Créteil !

2. Toutes les « solutions » que le Gouvernement prétend apporter ne sont que des hausses de dépenses, sans jamais s’interroger sur leur efficacité et leur usage actuel :
C’est, là encore, la quantité qui est privilégiée à la qualité comme seule réponse politique. Or, s’il suffisait d’avoir des moyens pour que le système fonctionne, nous serions le premier système éducatif mondial, de loin !
Malheureusement, la Ministre est très fière de ses hausses de moyens, persuadée qu’elle peut ainsi acheter les enseignants. C’est en soi une démarche aussi inefficace que scandaleuse ; mais c’est encore moins admissible quand il n’y a eu aucune contrepartie demandée en échange de la promesse des 60 000 postes – dixit Jack Lang – et très peu de résultats sur le terrain ! Les recrutements n’ont rien réglé au problème majeur des remplacements ; les classes qui auraient besoin d’être dédoublées le sont trop peu ; les enseignants recrutés le sont avec un niveau qui, dans certaines matières, ne devrait même pas être accepté. Quant à la formation, dont les « manquements » étaient si fustigés par la Gauche, ce quinquennat a remis en vigueur nos anciens IUFM, si éloignés du terrain, sans rendre l’enseignement plus pratique et sans donner satisfaction aux attentes légitimes en la matière.

3. La Ministre, de façon indigne, n’a fait qu’agiter les polémiques idéologiques inutiles, sauf pour mobiliser la Gauche contre l’opposition :
En agitant des polémiques comme la théorie du genre ou la suppression des classes bi langues, la Ministre a été indigne de son rôle.
Nous retiendrons de ce quinquennat les polémiques sur : la théorie du genre, la suppression des classes bilangues et du latin (sauf à Paris ! ne venons pas changer les habitudes de nos chères élites!), la réglementation du hors contrat,… Ces sujets n’ont pas enrichi le débat, ils sont venus pourrir des réformes qui auraient pu, initialement, être consensuelles (les rythmes ou le collège). Ces discours n’ont pas élevé la politique éducative au rang de priorité nationale, mais l’ont rabaissé aux vieilles antiennes Gauche/Droite. Ils ont alimenté une ambition purement cynique : entretenir un clivage idéologique arriéré qui ne permettra jamais de trouver des solutions concrètes aux besoins de l’Education nationale. C’est en cela que la Ministre est plus que tout indigne du rang qu’elle aurait du tenir.

4. Le quinquennat est passé à côté des grands défis de l’Education nationale :
Pire que tout : par toutes ces actions, ce Gouvernement n’a jamais répondu aux grands défis actuels.
•Défi n°1. La réussite pour tous les élèves, quels que soient leur origine, par la personnalisation de l’éducation : l’autonomie des établissements aurait dû être faite pour adapter les moyens et les pratiques aux besoins (cadre national des programmes, application locale par les équipes, annualisation des heures, etc.). Les heures d’enseignement du français auraient dû être augmentées. Aucun enfant ne devrait être admis en 6ème sans maîtriser les fondamentaux ! Aucun de ces défis essentiels n’a été engagé.
•Défi n°2. Préparer nos enfants au monde de demain, dans un état d’esprit positif : nos enfants ne sont pas heureux d’aller à l’école. Ils n’en comprennent pas le sens. Leur personnalité, leurs qualités autres que simplement académiques comme leur aisance à l’oral, leur créativité, leur envie de travailler en groupe,…. ne sont que trop peu encouragées. L’enseignement de l’économie dès le collège, l’entrepreneuriat, l’apprentissage, la programmation informatique, l’anglais… auraient du être mis en place et renforcés !
•Défi n°3. Redonner l’envie de faire Nation ensemble, dès et par l’école de la République ! Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, les Français ont pris conscience collectivement de la fracture identitaire que connait notre pays : ne pas respecter la minute de silence dans l’enceinte de l’Ecole de la République a été une atteinte profonde à notre volonté de vivre ensemble – et ce n’est qu’un élément visible de ce qui se passe dans nos écoles. Au-delà de quelques discours et de la politique de sécurité indispensable des établissements, le Gouvernement aurait dû, comme signe puissant, introduire un code vestimentaire choisi par chaque établissement et l’obligation de chanter la Marseillaise. Pour adhérer à une communauté de destin, encore faut-il en partager les couleurs : c’est dès l’école que cet apprentissage doit se faire.
•Défi n°4. Faire évoluer le métier d’enseignant : le malaise est trop profond pour qu’une prime ou un renforcement d’effectifs suffisent. C’est le métier qui doit être revalorisé. Or, ce métier change, dans un contexte où chaque enfant vit avec le monde dans sa poche. Rien n’a été fait pour penser cette évolution. La formation reste théorique. Les carrières ne sont pas ouvertes sur l’extérieur (mobilité). Les statuts ne permettent pas d’attirer et d’accueillir de nouveaux profils. Le salaire reste identique – ou presque – quel que soit le travail de l’enseignant. Les relations parents-enseignants ne s’améliorent pas. Aucun de ces sujets n’a été sérieusement traité.

C’est par l’enseignant que passe l’avenir de l’école. Ils ont compris que la Gauche s’intéresse moins à leur métier qu’à leurs opinions politiques.

 

L’avenir de l’école, l’avenir de nos enfants.

C’est tout le système qu’il faut repenser et il faut avoir le courage de réformer l’école par :
•l’examen d’entrée au début de CE1 et au début de CM2, afin de ne plus jamais laisser un élève terminer l’école primaire et passer au collège sans maitriser les fondamentaux ;
•la mise en place d’un collège modulaire qui encourage l’apprentissage dès 14 ans et l’enseignement de l’économie ;
•l’autonomie des établissements secondaires pour mieux personnaliser l’éducation et la libération de l’offre scolaire ;
•Rendre obligatoire le chant de la Marseillaise ;
•Rendre obligatoire l’apprentissage de l’anglais dès la maternelle et de la programmation informatique au collège.
I. L’AUTONOMIE DES ETABLISSEMENTS POUR ASSURER L’EGALITE DES CHANCES.
Il s’agit de mettre fin à l’uniformité du système avec l’autonomie du chef d’établissement et de son équipe pour gérer les ressources humaines, budgétaires et le projet éducatif. Pour autant, l’autonomie doit se faire dans un cadre strict et national avec des programmes nationaux, l’évaluation des résultats, le recrutement des enseignants sur diplôme et la formation des équipes.

II. LA PRIORITE DONNEE AU PRIMAIRE ET AUX FONDAMENTAUX : MISE EN PLACE D’UN PLAN D’URGENCE POUR LA LECTURE ET L’ECRITURE ET D’UNE EVALUATION GENERALE A L’ENTREE EN CM2.
I s’agit de mettre en œuvre, dès la rentrée de septembre 2017 un plan d’urgence pour la lecture et l’écriture en grande section de maternelle, CP et CE1, avec évaluation en début de CE1 et une évaluation en début de CM2 pour ne plus jamais laisser un élève sortir de l’école élémentaire sans maîtriser les fondamentaux

III. L’IMPORTANCE DU SENTIMENT COLLECTIF POUR REUSSIR.
Il faudra rendre obligatoire le chant de la Marseillaise dans les écoles publiques

IV. LA PREPARATION AU MONDE DE DEMAIN : LA REVOLUTION DE L’APPRENTISSAGE DES 14 ANS ; L’OUVERTURE AUX LANGUES ET AU NUMERIQUE
Il faudra revaloriser l’apprentissage dès 14 ans et préparer les enfants aux compétences et langages d’aujourd’hui et de demain

 

Les clés du succès de la réforme du système éducatif :

l’enseignant, l’évolution de son métier et de ses perspectives

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