violence-a-lecole    Les écoles de notre pays connaissent un embrasement de violence avec pour cible les enseignants et les membres des équipes éducatives. Tabassages, agressions, prof-bashing, attaques au cocktail Molotov… autant de témoignages effarants de professeurs dont le quotidien est devenu un enfer. Alors, que penser des propos de la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, qui déclarait sur RTL ce 18 octobre « ça n’est pas un sujet scolaire à proprement parler » ???
Aux parents d’élèves, et à la société toute entière, l’actualité étale cruellement la réalité vécue par les professionnels de l’Education. Le terrain scolaire, nouvelle terminologie pour remplacer le mot enseignement, devient le terrain de l’indifférence vis-à-vis des professeurs, du mépris de leur mission et de la violence à leur encontre. Un terrain quotidiennement envahit d’insultes et d’agressions !
En attendant le pire ?
Selon un sondage IFOP, 15% des enseignants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement… ils sont 21% en Ile-de-France. Se pose donc la question de savoir ce que l’on peut transmettre aux élèves quand on ne se sent pas en sécurité.

Les faits ?
– Lundi 17 octobre dans un lycée de Tremblay-en-France, une chef d’établissement rouée de coups, un cocktail Molotov jeté à l’intérieur de l’établissement, et des tirs de mortier !
– Ce même lundi 17 octobre, à Argenteuil, le tabassage en règle d’un maître de CE2 préalablement traité de « raciste » parce qu’il avait repris verbalement une élève indisciplinée.
– Une chaise lancée sur une surveillante du collège Arthur-Giovoni en Corse (la mère de l’élève, convoquée, a ensuite agressé verbalement et menacé les membres du personnel présents).
– Les trois agressions enregistrées en deux semaines au collège Henri Longchambon, à Lyon
– La prise à parti du proviseur du lycée l’ENNA de Saint-Denis, et de son adjointe : 45 jours d’ITT pour lui, 21 pour elle.
– La fracture de la mâchoire d’un enseignant frappé par un élève du lycée Coubertin à Calais
– L’agression d’un professeur de sport à Colomiers, près de Toulouse

Mais pour Mme Valaud-Belkacem, « Ça n’est pas un sujet scolaire à proprement parler ». L’enseignant agressé devant ses élèves de CE2 appréciera ! Chacun sait que pour une agression physique grave rapportée dans la presse, on compte des centaines d’insultes, de menaces, d’intimidations physiques ou verbales. Il y a évidemment ces établissements privilégiés fréquentés par les responsables de la politique éducative actuelle. Mais ailleurs, c’est la violence, la crise de l’autorité, les déchirures d’une nation, produits par les décisions politiques catastrophiques et les réformes absurdes qui font le quotidien des enseignants. Peut-on encore fermer les yeux sur les responsabilités d’une institution qui a, durant des années, enseigné le mépris des racines, qui a érigé la démagogie en modèle et n’a cessé de rabaisser ceux qui se consacraient à la transmission des savoirs ?
Un autre sondage annonce que les professeurs du secondaire sont 40% à déclarer s’être fait récemment insulter. La faute aux parents ! La faute à la société ! La faute aux injustices ! » martèle la ministre et ses militants de la rue de Grenelle.
Certes. Mais ce qui fut l’Instruction Publique n’était pas censé devenir aujourd’hui des centres de garderie. La révocation de la note de vie scolaire, la disparition des évaluations chiffrées, la suppression du redoublement, l’interdiction des punitions sans caractère pédagogique ont ruiné l’autorité dans les écoles et les collèges. Les enseignants désireux de faire appliquer des sanctions adaptées à la gravité des faits sont recadrés par des fonctionnaires du ministère plus soucieux du sort des élèves qui ne respectent rien. Même renvoyés définitivement après des mois passés à pourrir le climat scolaire et à mettre en danger les enseignants, ils seront de toute façon accueillis sans avoir à faire la moindre démarche dans un autre établissement.
En 2012, François Hollande avait promis une grande réforme de l’Education nationale…