Selon Jean-Louis Borloo qui s’exprimait le 18 mars sur les orientations prises par le Gouvernement et le Président de la république, trois erreurs graves et évidentes ont été commises. Elles concernent les heures supplémentaires, le bâtiment et les services à la personne. Des décisions que tout le monde reconnaît aujourd’hui comme très néfastes, car elles sont antisociales, dramatiques pour l’emploi et mauvaises pour les comptes publics. François Hollande et son premier ministre doivent prendre l’engagement de ne plus augmenter les prélèvements obligatoires jusqu’en 2017 afin de rétablir la confiance.

Sur les heures supplémentaires, le gouvernement s’est attaqué aux travailleurs salariés méritants, du privé comme du public, en supprimant la défiscalisation mise en place par le précédent gouvernement. C’est une double erreur, car cette mesure ne crée pas d’emplois, et elle réduit un élément de souplesse et de compétitivité. C’est une attaque massive sur le pouvoir d’achat de plus de neuf millions de salariés, pouvant aller jusqu’à 500 euros par an. Il faut revenir sans plus tarder vers la situation antérieure.

Sur le bâtiment, la construction de logements est une exigence sociale et économique. C’est un secteur pourvoyeur d’emplois, 1,4 million de salariés, soit un Français sur douze, y travaillent, et si on ajoute les métiers d’appui, on atteint le double. C’est aussi un secteur non délocalisable, qui ne dépend ni du dollar ni des Chinois, mais uniquement de nous. Le gouvernement a fait voter le passage de 7 à 10 % de la TVA sur la construction de logements sociaux et sur les travaux de rénovation de l’habitat. C’est un mauvais coup ! De plus, le champ des prêts à taux zéro a été réduit et les conditions durcies. On entre dans une crise majeure de l’emploi et du logement. On pouvait créer 100.000 emplois de plus dans ce secteur, on va en détruire 100.000. Il faut revenir à la TVA à 5 % sur les travaux dans le bâtiment, les économies d’énergie et la construction de logements sociaux, ainsi que le desserrement des prêts à taux zéro pour les primo-accédant et il faut aussi s’engager vers un droit d’acquisition pour les locataires du parc.

La gauche a fait une erreur historique en croyant que le secteur des services à la personne offrait des avantages aux personnes les plus aisées, alors que c’est un marché porteur de plus de 2 millions de salariés qui améliorent des conditions de vie : la dépendance, la petite enfance, les soins à domicile et le handicap. Le gouvernement a annoncé la fermeture de l’Agence nationale des services à la personne qui assure la promotion de ces métiers et la coordination de l’offre et la demande. C’est le contraire qu’il faut faire tout en rétablissant le forfait et en procédant à des allégements de charges. Ce secteur rend service à tout le monde et a créé près de 400 000 emplois entre 2006 et 2011. On est parti pour en détruire 100.000 par an au lieu d’en créer 100.000. La gauche a abandonné ce secteur.

Ces erreurs commises sur les deux secteurs, services à la personne et bâtiment, empêchent la création ou détruisent de 300.000 à 400.000 emplois directs ou indirects et, donc l’entrée de 7 à 10 milliards d’euros de recettes supplémentaires, tout compte public confondu.

Il faut décider une pause fiscale et s’engager à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires d’ici à 2017. Le pays est à l’arrêt, Le taux de prélèvements obligatoires s’élèvera à 46,3 % en 2013, et 46,7 % fin 2014. On ne peut pas aller au-delà. Cet engagement est indispensable pour que les projets individuels et collectifs redémarrent.

L’équilibre budgétaire doit provenir de la réduction des dépenses publiques.